Les 5 clés du droit à l’image en entreprise

Comme tout sujet juridique, l’objectif n’est pas d’être exhaustif mais plutôt de vous faire part de mon expérience au travers de ces 5 tips.

Le responsable c’est le photographe et non vous. Le droit à l’image est signé entre le photographe et la personne photographiée. C’est logique, car c’est le photographe qui possède de façon indéfectible le droit moral sur ses images et qui donc en maitrise la diffusion par le biais de sa note de cession de droits. Et donc droit à l’image et droit d’auteur vont souvent de pair. En cas de doute, demandez à votre photographe, il est censé être en mesure de vous renseigner très précisément, sinon méfiez-vous !

Le droit à l’image est délimité comme le droit d’auteur dans le temps, dans l’espace, et sur des supports bien précis. Par exemple, vous cédez votre droit à l’image durant 5 ans, dans le monde entier, sur internet et sur les documents commerciaux de l’entreprise. Ce qui veut dire aussi que vous pouvez par exemple refuser que votre droit à l’image soit cédé sur une campagne d’affichage publicitaire mais tout en étant d’accord pour figurer sur la plaquette de l’entreprise ou son site web.

Il y a des cas où le droit à l’image ne s’applique pas et donc pas besoin de s’en préoccuper :
Enfin, certaines personnes ne doivent pas être reconnaissables en photographie comme les forces de l’ordre en exercice (police, gendarmerie, militaires), les détenus, etc.

  • Si c’est un groupe de plus de 7 personnes ne mettant pas en avant l’une d’entre elles ;
  • Si on traite de hot news (l’actu chaude en gros) ;
  • S’il s’agit d’une personnalité publique ;
  • Si la personne n’est pas reconnaissable (attention un tatouage est un signe reconnaissable) ;
  • Si la personne pose en studio (difficile d’argumenter devant un juge que l’image a été prise à notre insu…).


Vous ne savez pas quel formulaire utiliser ? Vous en trouverez facilement sur le net. Pensez à utiliser un formulaire adapté à votre activité. En presse, les conditions de cession de droit à l’image peuvent être différentes que pour la com institutionnelle par exemple. Et sinon vous me contactez et je vous enverrai avec plaisir l’un des formulaires que j’utilise.


Comment faire un bon portrait pour vos relations presse ?

Travaillant à la fois avec des entreprises pour leur communication institutionnelle et avec la presse écrite nationale, je me rends souvent compte que le portrait presse est négligé ou pris à la légère faute de temps. Un bon portrait presse peut démultiplier la réussite de votre communication externe et à l’inverse un mauvais portrait peut ruiner vos efforts.

Qu’est ce qui fait un bon portrait presse ?

C’est simple, c’est celui qui donne envie de lire l’article, avant même de mettre en avant le dirigeant, ou la personne portraitisée. Et c’est bien souvent là, l’écueil dans lequel tombent pas mal d’entreprises en souhaitant valoriser avant tout le dirigeant. Evidemment c’est important, mais cela ne doit pas être le 1er objectif.

Le portrait que vous ne maitriserez pas

C’est celui qui vous est imposé par le média. Je m’explique. La rédaction vous contacte, suite à une actu vous concernant ou parce que vous avez envoyé un communiqué de presse il y a quelques temps, mais qui n’avait pas suscité un papier tout de suite. Cela arrive souvent quand vous envoyez un CP. En tant que communiquant, vous relancez le média auquel vous avez envoyé le CP, et le journaliste vous répond qu’il a bien pris note de votre actu mais qu’il vous recontactera plus tard pour éventuellement diffuser quelque chose qui s’inscrira dans l’actu du média.

Et enfin la rédaction vous appelle et vous demande à tout hasard un portrait pour un papier qui doit sortir demain, mais vous n’en avez pas, en tous cas, rien de récent. L’iconographe décide donc de vous envoyer un photographe pour réaliser ce fameux portrait. Et là, ce n’est plus vous qui maitrisez les choses, mais la rédaction car le photographe en question est payé par cette dernière et non par vous. Personnellement quand je fais un tel portrait, je vais m’efforcer de surprendre le lecteur mais pas forcément de plaire à l’entreprise ou au dirigeant. En presse surtout en PQN (presse quotidienne nationale), on demande rarement aux personnes photographiées de sourire par exemple. Et le photographe a parfois carte blanche. C’est d’ailleurs l’intérêt de travailler pour la presse en tant que photographe. En outre, vous ne pourrez pas récupérer le portrait car les droits sont uniquement cédés au journal bien souvent.

Anticipez pour réaliser un bon portrait presse.

A l’inverse, si vous avez pris le temps de réaliser à l’avance une série de portraits pouvant répondre à différents usages médiatiques, vous serez en mesure d’envoyer une ou plusieurs versions qui seront susceptibles de plaire au journaliste.

Pour cette série de portraits, il faut se projeter dans différents cas de figure. Le portrait sur fond neutre en studio a l’avantage d’être passe-partout avec plusieurs attitudes et cadrages. Mais ne négligez pas non plus une série de portraits dans l’environnement de l’entreprise, si tant est qu’il soit raccord avec l’identité de votre entreprise et vos objectifs du moment. Votre entreprise a réalisé un gros investissement pour votre RSE ? Montrez-le dans l’image ou tout du moins suggérez-le ! Vous avez mené une grande campagne de recrutements ? Faites poser votre DG au beau milieu de ses équipes ou d’un open-space et non dans son bureau sous prétexte que celui-ci est prestigieux !

Un tel portrait nécessite un minimum de technique…

C’est évidemment là que le photographe professionnel saura vous guider et vous conseiller pour mettre tout cela en images, que ce soit en studio ou dans l’entreprise. En plus de trouver le bon cadrage, le photographe vous fournira une image techniquement qualitative, à la bonne résolution, avec un éclairage professionnel.

Il pourra aussi demander à votre patron de remonter sa braguette (c’est du vécu et pas qu’une fois !) ou de changer de cravate si celle-ci n’est pas en accord avec le reste de la tenue, ce qui est parfois plus délicat pour le ou la responsable de communication de l’entreprise…


29 Novembre 2022, 11h45

Au fur et à mesure que je roule vers ma destination, je doute. Un peu de brume, un ciel laiteux, c’est brouillasseux. Je commence à me faire à l’idée.

Photographier à la chambre, ce n’est pas rien. On créé une image, on ne la prend pas. Chaque déclenchement est utile, surtout compte-tenu du prix des films. 

J’arrive sur site. Je sors de la voiture, je tourne autour de mon sujet. Pas d’émotion, la lumière n’est pas au rendez-vous. Le paysage que j’ai dans la tête n’est pas celui que je vois.  Je remonte en voiture. Je ne ferai pas l’image aujourd’hui. 


Qui est propriétaire des photographies ?

C’est une question qui revient souvent sur le tapis. La réponse est simple, c’est le photographe ! Mais bon, je vais préciser un peu plus les choses…

Bien souvent, les gens font l’amalgame sur cette notion. Les clients pensent être propriétaires des images qu’ils ont commandé et payé au photographe. C’est légitime, me direz-vous.

Nous, photographes exerçant en France, sommes soumis au droit d’auteur et donc au Code de Propriété Intellectuelle, tout comme les musiciens ou les journalistes. Et le droit d’auteur se décompose en 2 volets :

Le droit patrimonial : c’est tout simplement la rétribution financière que vous réglez au photographe auteur en échange de la possibilité d’utiliser les images dans des conditions précises, stipul

Le droit moral : il est inaliénable, imprescriptible et perpétuel. Il se matérialise de 3 façons. Il se matérialise par le droit au respect de l’auteur, de l’oeuvre et le droit de divulgation.

En résumé, en France, et comme je l’entends souvent, le libre de droit n’a aucune valeur juridique. Si vous demandez à un photographe, une cession “libre de droits” purement anglo-saxonne, vous vous exposez au risque que ce dernier fasse valoir son droit moral à tout moment. Et finalement, autant le photographe que le diffuseur ne sont protégés.

C’est comme pour beaucoup d’aspects juridiques et de contrats. Tant que tout va bien et que tout le monde s’entend, ça roule. Mais un beau jour, tout peut changer…


30 Aout 2022, 10h36

La personne est devant moi, elle ne sourit pas. On dirait même qu’elle a le regard un peu triste. On est au studio. L’objectif est de faire un portrait professionnel dans le secteur du conseil juridique. 

“De toutes façons, je n’aime pas sourire”. Ok, les choses sont claires. Je réfléchis vite fait dans ma tête. Comment je vais m’en sortir, car le rendu est vraiment sévère. 

Et puis rapidement, j’opte pour une solution. Rien ne sert de forcer une personne qui ne veut pas sourire à sourire. Ca fait fake, ça se voit, c’est encore pire. Donc on va exploiter ce coté “sérieux” sans que ça fasse sévère. Et puis après tout, l’objectif est aussi de rendre la personne telle qu’elle est, ou en tous cas telle qu’elle se montre à moi et tel que je la perçois. 


La marge de manoeuvre est étroite mais finalement, j’ai mon portrait.


Un portrait c’est 90% de relationnel et 10% de technique

L'exercice du portrait ne s'improvise pas même en ayant très peu de temps pour portraiturer quelqu'un. C'est un genre photographique qui nécessite une grande présence et une connexion avec la personne en face.

Quand je rentre d’une journée de portraits en entreprise, je suis rincé, vidé. Chaque portrait nécessite une attention à 100%. On ne peut pas faire un bon portrait en pensant à autre chose. Durant la prise de vue, en tant que photographe, on est en tension maximale, attentif au moindre geste, à l’attitude, à la direction du portrait. Ce qui fait la réussite du portrait, c’est la connexion avec la personne en face.

La technique, ça s’anticipe.

Traitons tout de suite le volet technique. Pour que la technique soit reléguée au 2nd plan, il faut qu’elle soit parfaitement maitrisée et anticipée afin d’être focalisé sur la personne à portraitiser le moment venu. Il faut donc bien évidemment être bon technicien mais la technique doit être traitée en amont pour qu’elle se fasse oublier le moment venu.

Le portrait, un face à face.

Certains photographes parlent de “combat” avec la personne en face pour que celle-ci lache prise et s’abandonne au photographe. Personnellement je n’y crois pas. Quand vous disposez de 5min pour faire un portrait, vous ne pouvez pas toujours prétendre à réussir à faire lâcher prise la personne en face. Et on peut faire un bon portrait même si la personne a l’impression de contrôler ce qui se passe.

Se renseigner sur la personne.

Enfin un bon portrait à l’improviste n’existe que très rarement, sauf à avoir de la chance. Professionnellement on ne peut pas compter sur la chance. Avant de faire un portrait pour la presse, pour un rapport d’activités ou pour tout besoin de communication, il faut se renseigner sur la personne ou sur l’entreprise et repérer les lieux avant le shoot. C’est du temps que le client ne voit pas forcément mais qui est nécessaire. Car le portrait doit refléter une personnalité ou les valeurs d’une entreprise, sa culture.


18 Octobre 2022, 2h35

C’est l’heure précise à laquelle le chirurgien a clampé le coeur. En gros, le coeur du patient s’est arrêté de battre, ECG à 0. Enfin du patient, c’est vite dit. Celui qui est sur la table d’opération est juridiquement déjà mort avant même l’intervention. Il est mort cérébralement et ses proches ont accepté de faire un geste d’humanité et de générosité. Ils ont accepté que l’on prélève le coeur, les poumons, le foie, les reins et la cornée sur leur fils de 25 ans, victime d’un accident…


Le poids des mots, le choc des photos

Ok, j’avoue c’est un peu facile d’aller reprendre le slogan d’un célèbre titre de presse magazine française mais il illustre bien le sujet de cette newsletter…

L’une écrit, l’autre photographie

J’avais envie depuis quelques temps d’évoquer avec vous le travail à 4 mains réalisé avec Sophie, mon épouse et auteure. L’une écrit, l’autre photographie. Nous sommes tous les deux auteurs. Sophie n’écrit pas de façon journalistique, mais lorsque nous travaillons ensemble sur un même projet, nous allons raconter l’histoire avec notre style et sous un angle authentique et bienveillant.

OK, mais pour quoi faire ? Eh bien, nous réalisons pas exemple des livres d’entreprise, nous intervenons sur le territoire de la marque, nous racontons les valeurs de votre entreprise, votre raison d’être, vos engagements. Bref, finalement tout sujet nécessitant de raconter une histoire, la vôtre.

Les travaux personnels, c’est notre R&D

En parallèle de nos travaux de commandes, nous avons tous deux des travaux personnels. Au travers de son travail d’écriture, Sophie met en récit la transformation et la transition dans les organisations. Vous pouvez retrouver et suivre son travail sur son blog. Quant à moi, je vous en ai déjà parlé, l’essentiel de mon travail d’auteur depuis plus de dix ans touche aux liens entre territoire et mémoire. Je travaille actuellement sur la ruralité dans les Hauts de France en me replongeant dans mon enfance…

Alors, si vous avez quelque chose à raconter dans votre entreprise, parlons-en !




26 Aout 2022, 13h30

Je suis réalisatrice auteure.


Ca claque, non ? C’est comme cela que Valérie se présente juste avant la projection de son documentaire en avant-première devant les techniciens du centre de maintenance dont est le sujet ledit documentaire.

Moi, j’étais là pour animer un photo-call permettant aux collaborateurs de venir se faire prendre en photo avec leur famille, devant un nez de TGV. Pas vraiment une photographie d’auteur, mais je ne dénigre pas ce genre d’exercice, bien au contraire. C’est l’occasion de rencontrer et d’échanger même brièvement avec beaucoup de gens et surtout de leur faire plaisir. J’avoue que cela m’a vexé même si son documentaire était très bien et je ne pense pas que ce fut intentionnel de la part de la fameuse réalisatrice auteure, plutôt sympa par ailleurs. Car moi aussi après tout je suis photographe auteur. Et je revendique haut et fort cette dimension d’auteur. Mais pas au point de me présenter d’emblée comme auteur. 

En fait, on est pas toujours auteur et il faut l’assumer. Faire de la photographie d’auteur serait-il plus noble que de répondre stricto-sensu à une commande client ?

Est-ce qu’un cuisinier passe toutes ses journées à inventer de nouvelles recettes ? Non. Parfois il cuisine juste des plats classiques dont il n’est que l’exécutant. Et ce n’est pas dégradant pour autant. 


Moi, je suis avant tout photographe. Un point c’est tout.


Les frontières sont parfois poreuses

08 juin 2022, 14h45

Il y a moins de 24h, je photographiais la remise du trophée de la meilleure innovation de gestion de trésorerie et de cash-flow à 2 jeunes startupers branchés dans le magnifique grand hall de la CCI de Lille. Et là je me retrouve dans une ZUP sous la pluie, devant Sylvie, résidente depuis 15 ans au sein d’une association venant en aide aux personnes fragiles.

“Alors Sylvie, qu’est ce qui vous fait vous lever le matin ? ”

“Oh ! un jour à la fois ! Je me donne des petits objectifs tous les matins. On vient de me détecter un Parkinson, alors je ne peux plus faire de la natation, du coup je marche. ”

“On a tendance à ne plus se rendre compte de la chance qu’on a.” J’ai failli ajouter “nous autres” en opposition à Sylvie… 


“C’est ça. Quand vous avez tout, vous ne savourez plus. Vous n’avez plus de goût.”

Des parents négocient avec une éducatrice pour organiser la garde surveillee de leur enfant Atelier de repassage permettant aux femmes victimes de violences conjugales de travailler Un résident dans les espaces communs de vie de la residence destinée a accueillir des personnes en grande difficulté sociale Espaces de vie commune dans la residence destinée à l'hébergement de personnes en grande difficulté. Moment de vie et d'échanges entre les résidents hébergés par l'association le Bon Coin Familial L'association le Bon Coin Familial héberge des personnes en grande difficulté sociale et financiere. Elle les aide à se réinsérer dans la société.
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